Volte-Faces ou le Cabinet des Humeurs

Genèse d’un solo

« J’ai rencontré Lydia en 2011 à l’occasion d’une reprise de rôle que je lui avais confiée. Très vite, j’ai eu envie d’écrire un solo pour elle sans à priori sur la forme qui allait émerger. Ce que j’ai approché chez Lydia a rapidement fait écho à mes propres obsessions : l’exigence, la rigueur, la puissance, l’urgence de creuser toujours plus loin, toujours plus en profondeur, dans une quête inassouvie de sens ; mais aussi la vulnérabilité, la sensibilité, le doute générateur de questionnements et de conscience. La capacité enfin à passer d’un état à un autre, d’une qualité dynamique à une autre, d’une humeur à l’autre. Portrait ? Auto-portrait ? Volte-Faces ou le Cabinet des Humeurs est une histoire de relation à soi-même, à la multiplicité de ce que nous sommes, à toutes nos contradictions. Une histoire aussi de relation humaine, d’une fonction à l’autre, d’une artiste à l’autre.»

Nadine Beaulieu

 

« C'est lors d'une rencontre avec Nadine, provoquée dans l’intention de créer un solo, que Volte-Faces ou le Cabinet des Humeurs démarre, ce portrait s’écrira au fil de quatre années. 
Dès le premier temps en studio, Nadine perçoit le pivot comme un axe fort et le retient ; alors, au détour de chaque Volte, je joue à faire apparaître figures, états, humeurs dans une perpétuelle transformation. C'est le début du Jardin des Intimités, une galerie de portraits à laquelle Nadine œuvre aujourd’hui. Volte-Faces ou le Cabinet des Humeurs m’a cueillie dans la fulgurance des transformations, dans ce ballet d'incarnations qui me visse au sol au fur et à mesure. Le vertige du tournoiement me conduit à une sorte de transe. J'apprécie l'attention, l’acuité de Nadine qui relève et révèle la moindre chose, son œil s’attache à l'infime. Il réside à l'endroit de notre rencontre un fait rare et précieux venu du commun d’entre nous, d’une aventure à se re-créer dans le regard de l'autre, en dialogue.

La complicité trouve sa forme entre regard de l'une, mouvement incessant de l'autre.» 
 

Lydia Boukhirane
 

Le « Cabinet des Humeurs»  m’a tout de suite fait penser au «Cabinet des curiosités», de petits meubles dans lesquels on aimait rassembler des objets un peu étranges. Des objets soit rapportés de voyages, une fleur qu’on n’avait jamais vue, un papillon  épinglé, un fossile, une souris dans le formol… En général, c’est assez étrange. Ça peut être beau, ça peut être effrayant, mais en tous cas, c’est singulier. Le cabinet de curiosités, c’est donc une collection et la pièce écrite par Nadine Beaulieu est également une collection d’humeurs. Néanmoins, si je m’arrête là-dessus, je pense que je vais appauvrir considérablement la pièce en vous donnant l’impression que ce ne sont que des curiosités. Or, cette pièce a autant trait à la curiosité qu’au mystère…»

 

Volte-Faces ou le Cabinet des Humeurs vu par Véronique Sternberg,

Conférencière en littérature française, auteur d’ouvrages et

articles sur le théâtre et la poétique des genres

Et je parle, je travaille, je dévide, je déroule,

je calcule, je médite, je tresse,

je vanne. Je tricote, je natte,

je croise, je passe, je repasse,

 je noue et dénoue et renoue… /

… et je serre, je desserre, je me trompe, je reviens sur mes pas,

j’hésite, je corrige, enchevêtre, désenchevêtre,

délace, entrelace, repars ;

et j’ajuste, j‘agglutine, je garrotte, je sangle,

j’entrave, j’accumule. »

 

Extrait de La Machine Infernale de Jean Cocteau

Dynamique du mouvement – Structure de production conventionnée par la Région Normandie, soutenue par la Ville de Rouen et aidée au projet par la DRAC,

le Département de Seine-Maritime et sur certains spectacles par l’ODIA, l’Adami et la Spedidam